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Personal Finance10 min read · 2026-03-23
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Money Clarity Editorial
Independent Financial Research · MoneyClarity
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Crise des retraites en France : votre pension d'État va baisser de 22 %
Le COR prévoit que le taux de remplacement passera de 74 % à 56 % du dernier salaire — un écart de 510 €/mois. En investissant 300 €/mois dans un PEA à bas coûts pendant 20 ans, vous pouvez constituer un portefeuille de 153 000 € pour combler cet écart. Plus vous commencez tôt, moins cela coûte.
Key Takeaways
Les pensions des actifs nés après 1980 ne remplaceront que 56 % du salaire, contre 74 % — un manque de 510 €/mois
Il vous faut environ 153 000 € dans un portefeuille privé pour couvrir l'écart (règle des 4 %)
300 €/mois investis pendant 20 ans à 6,6 % net atteignent 154 900 € — objectif atteint
Le PEA vous fait économiser plus de 10 600 € d'impôts vs. un compte classique — la plupart des Français l'ignorent
Attendre 5 ans coûte 47 000 à 55 000 € en croissance composée perdue — commencez maintenant
Important : Cet article est fourni à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte éventuelle du capital. Consultez toujours un conseiller financier qualifié avant de prendre des décisions d'investissement.
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Quelque part dans un rapport gouvernemental que presque personne ne lit se cache une projection qui devrait empêcher de dormir tous les actifs français de moins de 45 ans.
Le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) — l'organisme officiel chargé du pilotage du système de retraites — a publié son rapport annuel 2024 avec un scénario que les médias ont enterré sous les gros titres des débats sur l'âge de départ. La projection : dans les hypothèses économiques actuelles, le taux de remplacement pour les salariés du privé nés après 1980 passera d'environ 74 % à 56–58 % de leur dernier salaire net.
Ce n'est pas un chiffre alarmiste sorti d'une publicité pour un produit financier. C'est la propre prévision de l'État.
Traduisons cela en argent concret. Si vous gagnez aujourd'hui 3 000 € net par mois — à peu près le salaire médian d'un cadre confirmé — l'ancienne promesse était une pension d'environ 2 220 €/mois. La nouvelle projection : environ 1 710 €/mois. Un écart de 510 € par mois, soit 6 120 € par an, chaque année de votre retraite.
Si vous vivez 25 ans après la retraite — l'espérance de vie actuelle en France pour quelqu'un atteignant 62 ans — cet écart totalise 153 000 € en euros d'aujourd'hui.
Ceci n'est pas un article politique. C'est un article de mathématiques. Et les mathématiques disent que vous avez besoin d'un Plan B.
74 % → 56 %
Baisse projetée du taux de remplacement
Rapport COR 2024 — salariés du privé nés après 1980
510 €/mois
Manque mensuel par rapport aux attentes précédentes
Sur la base d'un salaire net actuel de 3 000 €
153 000 €
Écart total sur 25 ans de retraite
En pouvoir d'achat actuel — avant ajustement inflation
Pourquoi le système de retraite français est-il sous pression ?
La retraite publique française (retraite par répartition) repose sur un mécanisme simple : les actifs d'aujourd'hui paient pour les retraités d'aujourd'hui. Ce n'est pas un compte d'épargne — c'est un système de transfert. Et l'équation qui le fait fonctionner a trois variables :
Le nombre de cotisants
Le nombre de retraités bénéficiaires
Le rapport entre les deux
En 1970, la France comptait 4,2 actifs pour chaque retraité. Aujourd'hui, c'est 1,7 actif par retraité. D'ici 2040, les projections le situent à 1,3 pour 1.
Aucune volonté politique ne change l'arithmétique démographique. Moins d'actifs pour financer plus de retraités, cela signifie l'une de ces trois issues — ou une combinaison des trois :
Des cotisations plus élevées — Les actifs paient davantage (déjà parmi les plus élevées d'Europe)
Un départ plus tardif — La réforme de 2023 a repoussé l'âge légal de 62 à 64 ans
Des pensions plus basses — L'option silencieuse qui ne nécessite aucune loi, juste l'inflation et le gel de l'indexation
L'option 3 est déjà en cours. C'est la voie politiquement la plus facile parce qu'aucune réforme isolée ne fait les gros titres. Les pensions s'érodent simplement en pouvoir d'achat, année après année, à mesure que l'indexation ne suit pas les coûts réels de la vie.
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L'écart de 510 €/mois : ce que ça donne concrètement
Des chiffres comme 153 000 € restent abstraits. Rendons la réalité mensuelle concrète.
Vous partez à la retraite à 64 ans. Votre dernier salaire net était de 3 000 €/mois. Sous l'ancien système, vous attendiez environ 2 220 €. Selon les projections révisées, vous toucherez environ 1 710 €.
Voici à quoi ressemblent 1 710 €/mois dans une ville française :
Loyer ou crédit : 700 à 900 € (même pour un appartement modeste hors Paris)
Charges + énergie : 150 à 200 €
Alimentation : 300 à 400 €
Santé (mutuelle + restes à charge) : 100 à 150 €
Transport : 50 à 100 €
Reste pour tout le reste : 60 à 310 €
C'est avant un seul repas au restaurant, des vacances, un cadeau pour les petits-enfants ou une réparation auto imprévue. Et la mutuelle complémentaire augmente chaque année après 60 ans — en 2024, les primes moyennes pour les plus de 65 ans atteignaient 1 800 € par an (DREES, 2024).
La pension a été conçue pour une époque où les retraités étaient propriétaires de leur logement, où la santé coûtait moins cher et où les retraites duraient moins longtemps. Ce monde n'existe plus.
Ce que dit vraiment le rapport du COR (et que la plupart ignorent)
Le rapport 2024 du COR fait 350 pages. Voici trois conclusions qui comptent le plus — et qui n'ont quasiment pas été couvertes par les médias :
1. La fenêtre de la « génération dorée » se ferme. Les personnes partant à la retraite entre 2015 et 2025 sont la dernière cohorte à bénéficier des anciens taux de remplacement. Si vous avez moins de 45 ans, vous êtes statistiquement en dehors de cette fenêtre.
2. Les cadres sont les plus touchés. Parce que les pensions sont plafonnées au niveau du plafond de la Sécurité sociale (~3 864 €/mois en 2025) pour le régime de base, les hauts revenus dépendent davantage de la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO). Or les points de retraite complémentaire perdent du pouvoir d'achat : la valeur du point accuse un retard d'environ 0,5 à 1 % par an sur l'inflation.
3. Le déséquilibre est structurel, pas temporaire. Même les scénarios de croissance optimistes (1,6 % par an) montrent un déficit jusqu'en 2070. Ce n'est pas une crise qui disparaît quand l'économie s'améliore — la démographie est verrouillée pour des décennies.
Plan B : de combien avez-vous réellement besoin pour combler l'écart ?
Raisonnons à l'envers. Si l'écart de pension est d'environ 510 €/mois, il vous faut un portefeuille d'investissement qui génère 510 €/mois de revenus à la retraite — soit 6 120 €/an.
En appliquant la règle des 4 % de retrait (largement utilisée en planification retraite), il vous faut un portefeuille d'environ :
6 120 € ÷ 0,04 = 153 000 €
153 000 €. C'est votre objectif. Ça semble beaucoup — jusqu'à ce que vous voyiez ce que l'investissement mensuel et la croissance composée peuvent faire sur 20 à 25 ans.
Construire votre filet de sécurité retraite de 153 000 €
Investissement mensuel à 6,6 % de rendement net annuel (7 % brut moins 0,4 % de frais)
Assumes varying monthly contributions, 7% avg. annual return (before fees & inflation). Past performance does not guarantee future results.
À 300 €/mois investis régulièrement pendant 20 ans :
72 000 €
Vos contributions totales
300 €/mois × 240 mois — de l'argent de votre poche
82 900 €
Croissance composée (intérêts sur intérêts)
La contribution du marché — qui travaille pendant que vous dormez
154 900 €
Valeur totale du portefeuille après 20 ans
Au-dessus de l'objectif de 153 000 € — votre écart de pension est couvert
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300 €/mois. C'est le prix d'un abonnement à la salle de sport, d'un bouquet de streaming et de quelques repas livrés. Redirigés vers un compte d'investissement à bas coûts, ils construisent un filet de sécurité à six chiffres que votre pension d'État ne peut pas fournir.
Et si vous ne pouvez gérer que 200 €/mois ? Après 25 ans, vous atteignez tout de même environ 160 000 € — plus que suffisant.
La variable qui compte le plus n'est pas le montant — c'est quand vous commencez.
Pourquoi le PEA est votre meilleur outil (et que la plupart des Français l'ignorent)
La France vous offre un cadre fiscal spécifiquement conçu à cet effet : le Plan d'Épargne en Actions (PEA).
Après une durée de détention de 5 ans, toutes les plus-values dans un PEA sont exonérées d'impôt sur le revenu. Vous ne payez que les prélèvements sociaux à 17,2 % — contre le flat tax de 30 % (PFU) sur un compte-titres classique.
Sur un portefeuille qui passe de 72 000 € de versements à 154 900 €, la différence de fiscalité :
24 870 €
Impôt sur les gains via compte classique (PFU 30 %)
82 900 € de gain × 30 % flat tax
14 259 €
Impôt sur les gains via PEA (charges sociales 17,2 %)
82 900 € de gain × 17,2 % prélèvements sociaux uniquement
10 611 €
Économie d'impôt grâce au PEA
De l'argent gratuit — juste en choisissant le bon type de compte
10 611 € d'impôts économisés — en plus de l'avantage de la croissance composée. Pourtant, seuls 6,3 millions de PEA sont ouverts en France, et une part significative est vide ou dormante (AMF, 2024). La plupart des épargnants français laissent cet avantage inutilisé.
Le Plan B retraite en quatre étapes
Si les projections du COR sont ne serait-ce qu'à moitié justes, les personnes à l'aise à la retraite seront celles qui auront préparé un complément privé. Voici la marche à suivre — il faut environ 45 minutes pour la mettre en place, et ensuite tout fonctionne en pilote automatique :
1
Calculez votre écart personnel
Utilisez le simulateur de pension du COR (info-retraite.fr) pour estimer votre pension d'État projetée. Comparez-la à vos dépenses actuelles. La différence est votre objectif chiffré. Pour la plupart des cadres, c'est entre 300 et 700 € par mois.
2
Ouvrez un PEA chez un courtier à bas coûts
Bourse Direct, Fortuneo ou BoursoBank — tous proposent des PEA sans frais de garde et à faibles coûts de transaction. Évitez le PEA de votre banque principale : leurs frais sont typiquement 2 à 5 fois plus élevés. L'ouverture prend 10 à 15 minutes en ligne.
3
Mettez en place un achat mensuel automatique d'ETF
Choisissez un ETF mondial large — le Amundi MSCI World UCITS ou le Lyxor PEA Monde — et automatisez un achat mensuel. 200 à 400 €/mois est le juste milieu pour la plupart des personnes ciblant l'écart de pension. Moins vous y pensez, mieux ça marche.
4
N'y touchez pas jusqu'à la retraite — et ne regardez pas chaque mois
L'avantage fiscal du PEA se verrouille après 5 ans, mais le vrai pouvoir vient de 15 à 25 ans de capitalisation ininterrompue. Les baisses de marché sont normales — le MSCI World s'est remis de chaque correction de l'histoire en moins de 5 ans. Vérifiez votre solde une fois par trimestre, pas une fois par jour.
Le coût de l'attente — version retraite
La phrase la plus dangereuse en planification retraite est : « Je m'en occuperai plus tard. »
Chaque année d'attente ne vous coûte pas seulement 12 mois de cotisations. Elle vous coûte la croissance composée de ces cotisations pour chaque année restante jusqu'à la retraite. Voici ce que cela donne pour quelqu'un qui vise 300 €/mois :
Le prix de l'attente — Commencer maintenant vs. Reporter
300 €/mois à 6,6 % de rendement net — impact d'un report de 1, 3 ou 5 ans
Assumes varying monthly contributions, 7% avg. annual return (before fees & inflation). Past performance does not guarantee future results.
Attendre 5 ans sur 300 €/mois coûte environ 47 000 à 55 000 € en valeur finale du portefeuille. Ce n'est pas de l'argent perdu en bourse — c'est de l'argent qui n'existera tout simplement jamais parce que les intérêts composés n'ont pas eu assez de piste.
Dans cinq ans, vous regretterez de ne pas avoir commencé aujourd'hui. Ce n'est pas un poster de motivation — c'est ce que le graphique de croissance montre.
Mais j'ai une assurance-vie / un PER / un Livret A — ça ne suffit pas ?
Répondons aux objections les plus fréquentes :
« J'ai déjà une assurance-vie. » — Bien, mais vérifiez les frais. L'assurance-vie française moyenne prélève 2 à 3 % par an de frais totaux. Sur un horizon de 25 ans, cette structure de frais peut engloutir 30 à 40 % de vos gains potentiels. Un PEA avec des ETF à bas coûts offre la même exposition au marché pour 0,3 à 0,5 % par an. Si votre assurance-vie est uniquement en fonds euros, vous gagnez 2 à 3 % brut — à peine au-dessus de l'inflation.
« J'ai un PER (Plan d'Épargne Retraite). » — Le PER offre une déduction fiscale sur les versements, ce qui est intéressant pour les hauts revenus. Mais l'argent est bloqué jusqu'à la retraite (avec des exceptions limitées), et beaucoup de PER facturent 1,5 à 2,5 % de frais annuels. Le PEA est souvent un meilleur complément : frais plus bas, plus de flexibilité et gains exonérés après 5 ans.
« Mon Livret A est sûr. » — Il l'est. Et il est essentiel comme fonds d'urgence. Mais à 2,4 % (taux de février 2025), il dépasse à peine l'inflation. Pour l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant 10 ans ou plus, le Livret A n'est pas une stratégie retraite — c'est un parking.
« Je ne fais pas confiance à la bourse. » — Compréhensible. Mais voici ce que montrent les données : l'indice MSCI World a délivré des rendements positifs sur chaque période glissante de 15 ans depuis 1970. Cela inclut la crise pétrolière de 1973, le krach des dot-com, 2008 et le COVID. Le risque de ne pas investir sur des décennies est mathématiquement supérieur au risque d'investir.
Que se passe-t-il si le système de retraite est à nouveau réformé ?
Il le sera. La réforme de 2023 (repoussant l'âge à 64 ans) n'est qu'un ajustement dans une série qui va se poursuivre. Le COR prévoit que d'autres ajustements paramétriques — hausse des cotisations, report de l'âge, ou indexation plus faible — seront nécessaires au moins jusqu'en 2050.
Mais voici ce qui compte pour votre Plan B personnel : les réformes affectent la pension d'État. Elles n'affectent pas votre PEA.
L'argent dans votre PEA croît indépendamment des décisions gouvernementales. Aucun ministre ne peut voter pour réduire vos rendements ETF. Aucune réforme ne peut rétroactivement modifier votre croissance composée. Votre portefeuille privé est en dehors du cycle politique.
Cette indépendance — pas le rendement brut — est la vraie raison de construire un Plan B. Il ne s'agit pas de battre le système étatique. Il s'agit de ne pas en être entièrement dépendant.
Votre situation est unique — mais pas les mathématiques
Les chiffres de cet article sont basés sur des moyennes et des projections. Votre pension réelle dépend de votre parcours professionnel, de vos trimestres validés, de votre historique de revenus et de votre régime.
Mais le principe est universel : si vous avez moins de 50 ans et prévoyez de prendre votre retraite dignement, la pension d'État seule ne suffira pas. Vous avez besoin d'un complément. Et plus vous commencez tôt, plus l'effort mensuel est faible.
Les questions qui déterminent votre approche idéale sont personnelles : Combien pouvez-vous mettre de côté ? Quel est votre horizon ? Quel niveau de risque correspond à votre personnalité ? Quels comptes avez-vous déjà ?
Ces questions prennent environ 60 secondes — et les réponses vous donneront un point de départ concret.
Investir signifiait autrefois des conseillers coûteux, des tickets d'entrée de 10 000 € et un jargon conçu pour embrouiller. Cette époque est révolue. Les plateformes pilotées par l'IA donnent désormais à tout épargnant l'accès à des portefeuilles diversifiés mondialement, à partir de 100 €/mois — le type de croissance composée régulière qui peut combler votre écart de 510 €/mois en 15 ans. Les outils existent. La question est de savoir si vous les utilisez.
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Le rapport du COR fait 350 pages de projections, scénarios et réserves. Mais la conclusion tient en une ligne : la pension que vous attendez n'est pas la pension que vous recevrez.
L'État ne vous dira pas de préparer un Plan B — ce serait admettre que le système est insuffisant. Votre banque ne vous le dira pas non plus — ses produits profitent de votre inaction. La seule personne qui construira votre filet de sécurité retraite, c'est vous.
Les mathématiques sont claires. Les outils existent. La question est de savoir si vous commencez aujourd'hui ou si vous devenez une statistique de plus dans le prochain rapport du COR.